
Karina Monteros Paguay
Karina Monteros Paguay est une défenseuse des droits humains du peuple autochtone kichwa kayambi et originaire des hauts plateaux équatoriens, plus précisément de la communauté de Pijal, dans la province d'Imbabura. Elle a 41 ans et est mère célibataire. Depuis son plus jeune âge, elle s'est forgée une voie en tant que défenseuse des droits humains à travers la redécouverte de l'identité et de la culture autochtones, en alliant éducation, danse et engagement politique. Dès l'âge de 14 ans, elle s'est engagée au sein de la Confederación de Nacionalidades Indígenas del Ecuador -CONAIE-, en participant à des formations politiques et organisationnelles ainsi qu'à des forums de réflexion sur le pluralisme juridique et les défis actuels auxquels sont confrontés les peuples et les nations autochtones.
Son action militante s'exprime principalement à travers l'art et l'éducation populaire. Elle met en avant la danse traditionnelle des peuples et nations autochtones comme vecteur de mémoire, d'identité et de résistance, et soutient des processus éducatifs alternatifs auprès des enfants en recourant à des approches pédagogiques ancrées dans la communauté et adaptées au contexte culturel. Pendant plusieurs années, elle a travaillé auprès du peuple Kichwa Saraguro en tant que chargée de projet sur des initiatives liées à l'enfance, à la culture et au plaidoyer politique, ainsi qu'à la formation de jeunes leaders et responsables régionaux.
Karina Monteros Paguay est directement victime de criminalisation par l'État. En 2015, elle a été arrêtée lors de manifestations nationales et est restée en détention pendant un mois, faisant l'objet d'une procédure pénale qui a duré plus de trois ans, jusqu'à son acquittement. Ces antécédents mettent en évidence le risque réel de poursuites pénales à son encontre et accentuent sa vulnérabilité dans le contexte actuel en Équateur.
Depuis 2023, elle soutient et promeut des processus d'éducation populaire et de formation politique auprès des peuples et des nations amazoniennes d'Équateur, en coordination avec les initiatives et les expériences des Gardes communautaires autochtones de Colombie et du Pérou. Par son action, elle soutient la défense des territoires, de la vie et du tissu social, en renforçant l'existence culturelle, spirituelle et territoriale des peuples autochtones, et en réaffirmant que la défense des droits humains repose sur l'autodétermination, l'organisation collective et la pratique vivante de la culture autochtone.
Karina Monteros Paguay est actuellement confrontée à un contexte de stigmatisation croissante. Au niveau national, on assiste à une intensification de la diffusion de discours associant le mouvement autochtone, et en particulier les Gardes autochtones, au terrorisme, à la subversion et aux activités économiques illicites. Ce schéma, déjà observé en 2019, 2022 et 2025, crée un contexte défavorable qui accroît considérablement les risques pesant sur sa sécurité, son travail de défenseuse des droits humains et sa sécurité personnelle.
