Des défenseurs des droits humains, des étudiants et des familles de prisonniers politiques sahraouis arrêtés et agressés
Le 12 octobre 2026, les forces de police marocaines ont violemment dispersé un rassemblement pacifique solidaire organisé par un groupe de défenseurs des droits humains et les familles de prisonniers politiques sahraouis devant la Délégation générale de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion à Rabat, au Maroc. Le rassemblement appelait à la libération des prisonniers de Gdeim Izik, un groupe de prisonniers politiques, qui ont entamé une grève de la faim le 23 septembre 2026. Les manifestants pacifiques demandaient que leurs revendications légitimes soient satisfaites et que leurs droits soient respectés. Sept défenseurs des droits humains, militants et étudiants sahraouis ont été arrêtés, dont Hassana Eddouihi.
Hassana Eddouihi est un défenseur des droits humains sahraoui ; il est vice-président de la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines, et membre de l'Association sahraouie des victimes de violations graves des droits de l'homme commises par l'État marocain (ASVDH) ainsi que du Comité sahraoui contre l'occupation marocaine, qui défend le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Depuis 2005, en raison de son engagement en faveur des droits humains, Hassana Eddouihi a été victime à de nombreuses reprises d'arrestations, d'enlèvements et d'actes de torture.
Le 12 octobre 2026, les forces de police marocaines ont violemment dispersé un rassemblement pacifique solidaire organisé par un groupe de défenseurs des droits humains et les familles de prisonniers politiques sahraouis devant la Délégation générale de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion à Rabat, au Maroc. Le rassemblement appelait à la libération des prisonniers de Gdeim Izik, un groupe de prisonniers politiques, qui ont entamé une grève de la faim le 23 septembre 2026. Les manifestants pacifiques demandaient que leurs revendications légitimes soient satisfaites et que leurs droits soient respectés. Sept défenseurs des droits humains, militants et étudiants sahraouis ont été arrêtés, dont Hassana Eddouihi.
Hassana Eddouihi est un défenseur des droits humains sahraoui ; il est vice-président de la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines, et membre de l'Association sahraouie des victimes de violations graves des droits de l'homme commises par l'État marocain (ASVDH) ainsi que du Comité sahraoui contre l'occupation marocaine, qui défend le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Depuis 2005, en raison de son engagement en faveur des droits humains, Hassana Eddouihi a été victime à de nombreuses reprises d'arrestations, d'enlèvements et d'actes de torture.
Les six autres personnes arrêtées à ses côtés sont les étudiants militants Ibrahim Babit, Mohamed Lemrabet, Salah Eddine Essabbar, Aziz Elouahidi, El Houcine Cheihab et Khalid Boufryoua. Selon certaines sources, les sept détenus ont été traduits devant le procureur de Rabat le 14 octobre 2026. Ils sont accusés de rassemblement non autorisé et de violences à l'encontre des forces de l'ordre. Par ailleurs, une plainte aurait été déposée contre Khalid Boufryoua par le directeur du campus universitaire de Souissi en décembre 2025. Ibrahim Babit, militant étudiant et ancien détenu qui avait été incarcéré avec le groupe d'étudiants, a déclaré au procureur avoir été torturé. La défense a demandé qu'il soit soumis à un examen médical, ce que le tribunal a accepté. Il reçoit désormais de soins médicaux adaptés.
Le 12 octobre 2026, les forces de police marocaines auraient eu recours à la violence physique pour disperser des manifestants pacifiques, parmi lesquels se trouvaient des défenseurs des droits humains, des femmes, des étudiants et des proches de prisonniers sahraouis, faisant plusieurs blessés.
Le 14 octobre 2026, alors que les sept détenus étaient traduits devant le procureur, les autorités marocaines auraient empêché les membres de leur famille et d'autres sympathisants de se rendre au tribunal. La police a violemment dispersé les familles et les personnes venues les soutenir, et a contraint plusieurs chauffeurs de taxi à les éloigner des abords du tribunal. Ces mesures ont encore davantage restreint la capacité des familles et des sympathisants à exprimer leur solidarité avec les défenseurs des droits humains et les étudiants sahraouis détenus, et les ont empêchés d’assister aux audiences.
Ces arrestations et ces agressions ont lieu dans un contexte d’inquiétude croissante pour la santé, l’intégrité physique et la sécurité des prisonniers politiques de Gdeim Izik, qui ont entamé une grève de la faim le 23 septembre 2026. Ils protestent contre leurs conditions de détention et réclament l'accès à des soins médicaux, le droit de recevoir des visites et de communiquer avec leurs familles, ainsi que la fin du harcèlement et des traitements punitifs infligés par les autorités pénitentiaires marocaines. La poursuite de la grève de la faim suscite de vives inquiétudes quant à leur santé et leur droit à la vie.
Selon des informations complémentaires, le 12 octobre 2026, Claude Mangin s'est vu refuser l'entrée sur le territoire marocain à l'aéroport de Marrakech-Menara, ce qui l'a empêchée de rendre visite à son mari, Ennaâma Asfari, défenseur sahraoui des droits humains et membre du groupe Gdeim Izik, qui purge une peine de 30 ans de prison et a été transféré à la prison de Marrakech.
Front Line Defenders est profondément préoccupée par le fait que les défenseurs, militants et étudiants placés en détention fassent l'objet de poursuites en raison de leurs activités en faveur des droits humains et de leur participation à un rassemblement pacifique de solidarité. Les charges retenues contre eux, ainsi que la plainte déposée il y a quelques mois contre Khalid Boufryoua, soulèvent des inquiétudes quant à l'utilisation potentielle de procédures judiciaires afin d’intimider et dissuader les défenseur⸱ses des droits humains et les manifestants pacifiques sahraouis d'exercer leurs droits fondamentaux.
Par ailleurs, Front Line Defenders reste profondément préoccupée par l’intégrité physique et psychologique des sept détenus et des manifestants qui auraient été agressés par les forces de police marocaines, ainsi que par le risque de nouvelles intimidations et représailles à l’encontre des défenseur⸱ses des droits humains, des étudiants et des familles sahraouis qui plaident en faveur des droits des prisonniers politiques. Le recours à la force contre un rassemblement pacifique, les restrictions imposées aux familles et aux sympathisants qui tentaient de se rendre au tribunal, ainsi que les poursuites engagées à l’encontre des personnes arrêtées lors de ce rassemblement soulèvent de graves préoccupations quant au respect par les autorités marocaines de leurs obligations en matière de liberté d’expression, de liberté de réunion pacifique et de droit à un procès équitable.
Front Line Defenders exhorte les autorités marocaines à :
- Libérer immédiatement et sans condition le défenseur des droits humains Hassana Eddouihi et les six autres militants et étudiants arrêtés, au motif qu'ils sont détenus uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux. En attendant leur libération, veiller à ce que leur intégrité physique et psychologique soit préservée, garantir qu’ils aient accès à un avocat, à leurs proches et à des soins médicaux indépendants, et s’assurer que toutes les procédures engagées à leur encontre respectent les normes internationales en matière de procès équitable.
- Garantir un accès immédiat à des soins médicaux indépendants à tous les défenseurs des droits humains emprisonnés qui participent à la grève de la faim ; prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger leur droit à la vie et leur 'intégrité physique ; et répondre à leurs revendications concernant leurs conditions de détention, les contacts avec leurs familles et le traitement qui leur est réservé par les autorités.
- Mettre fin à toutes les formes de harcèlement, d'intimidation et de représailles à l'encontre des défenseur⸱ses des droits humains, des étudiants, des familles de prisonniers sahraouis et des personnes participant à des actions pacifiques de solidarité. Respecter leurs droits à la liberté d'expression et de réunion pacifique, s'abstenir de recourir à la force contre les rassemblements pacifiques et lever les restrictions arbitraires empêchant les visites familiales, notamment en autorisant Claude Mangin à rendre visite au défenseur Ennaâma Asfari en prison.
- Garantir aux familles, aux sympathisants et aux observateurs indépendants l'accès aux procédures devant la cour, conformément aux normes juridiques applicables, et s'abstenir d'entraver ou de sanctionner les manifestations pacifiques de solidarité envers les défenseur⸱ses des droits humains et les étudiants sahraouis placés en détention.
- Veiller à ce qu'une enquête indépendante, impartiale et efficace soit menée sur les cas signalés d'agressions, d'arrestations et de recours à la force par la police, y compris sur les blessures subies par les manifestants. Protéger les victimes et les témoins contre les représailles et faire en sorte que les responsables de tout recours illégal à la force ou d’autres violations répondent de leurs actes.
