Back to top

Égypte : Le défenseur des droits humains Ahmed Douma arbitrairement arrêté et victime d’acharnement judiciaire continu

Statut: 
Arrestation arbitraire
À propos de la situation

Le 20 janvier 2026, le défenseur des droits humains Ahmed Douma a été arrêté sans mandat à son domicile au Caire, interrogé pendant plus de 12 heures, puis libéré sous caution pour un montant de 100 000 livres égyptiennes (environ 1 812 euros).

À propos d'Ahmed Douma

Ahmed Douma est un éminent défenseur des droits humains, journaliste, poète et écrivain égyptien qui est devenu un symbole de la résistance lors du soulèvement de 2011. Il a commencé à militer en 2009, lorsqu’il a été arrêté, torturé et condamné à un an de prison par un tribunal militaire pour avoir rejoint une mission pacifique de solidarité avec Gaza. Après des années de répression sévère, d’acharnement judiciaire et d'emprisonnement pour son travail en faveur des droits humains, le défenseur a été libéré en août 2023. Depuis lors, malgré des restrictions importantes, Ahmed Douma a continué à défendre l'exercice des droits fondamentaux en Égypte. Il publie des articles, des vidéos et du contenu sur les réseaux sociaux, dénonçant principalement la réalité désastreuse des conditions carcérales en Égypte. Le défenseur a également organisé des manifestations pacifiques devant le Syndicat des journalistes égyptiens, appelant à la fin du siège de Gaza et condamnant le génocide du peuple palestinien.

23 Janvier 2026
Égypte : Le défenseur des droits humains Ahmed Douma arbitrairement arrêté et victime d’acharnement judiciaire continu

Le 20 janvier 2026, le défenseur des droits humains Ahmed Douma a été arrêté sans mandat à son domicile au Caire, interrogé pendant plus de 12 heures, puis libéré sous caution pour un montant de 100 000 livres égyptiennes (environ 1 812 euros).

Download urgent appeal

 

Ahmed Douma est un éminent défenseur des droits humains, journaliste, poète et écrivain égyptien qui est devenu un symbole de la résistance lors du soulèvement de 2011. Il a commencé à militer en 2009, lorsqu’il a été arrêté, torturé et condamné à un an de prison par un tribunal militaire pour avoir rejoint une mission pacifique de solidarité avec Gaza. Après des années de répression sévère, d’acharnement judiciaire et d'emprisonnement pour son travail en faveur des droits humains, le défenseur a été libéré en août 2023. Depuis lors, malgré des restrictions importantes, Ahmed Douma a continué à défendre l'exercice des droits fondamentaux en Égypte. Il publie des articles, des vidéos et du contenu sur les réseaux sociaux, dénonçant principalement la réalité désastreuse des conditions carcérales en Égypte. Le défenseur a également organisé des manifestations pacifiques devant le Syndicat des journalistes égyptiens, appelant à la fin du siège de Gaza et condamnant le génocide du peuple palestinien.

Le 20 janvier 2026, des agents de la sécurité nationale ont fait irruption au domicile d'Ahmed Douma, situé à El Mokattam, au Caire, et l'ont arrêté sans s'identifier ni présenter de mandat. Il a été détenu et interrogé pendant 12 heures dans les locaux de l'Agence nationale de sécurité au Caire. Le défenseur des droits humains a été immobilisé et a eu les yeux bandés pendant des heures ; il a été soumis à des agressions répétées et privé de produits de première nécessité, notamment d'une couverture alors qu'il faisait froid. Ces actes lui ont causé un stress intense et des blessures au poignet et aux yeux.

Lors de son arrestation, tous les appareils électroniques et effets personnels du défenseur des droits humains ont été confisqués, notamment deux téléphones portables, un ordinateur portable, un iPad, des supports de stockage, des livres, des documents, des cartes bancaires, une carte de paiement d'électricité, les clés de son domicile et sa carte de presse. Front Line Defenders a été informée que cette saisie a eu lieu sans inventaire et que seuls certains objets ont été présentés de manière sélective à l'accusation.

Ahmed Douma a été accusé, sous l'autorité du ministère public, pour « diffusion de fausses informations » et « tromperie de l'opinion publique en Égypte et à l'étranger », en lien avec un article d'investigation qu'il a publié sur les conditions de détention du militant politique Mohamed Adel et une vidéo générée par IA montrant Mohamed Adel en train de témoigner sur ses conditions de détention.

De graves vices de procédure concernant ses dernières poursuites ont été signalés, notamment la fabrication de fausses allégations selon lesquelles Ahmed Douma aurait refusé de recevoir une citation à comparaître ou de se présenter devant le procureur. Ces fausses allégations ont été utilisées par l'accusation pour justifier rétroactivement son arrestation. Ahmed Douma a été libéré sous caution après avoir versé 100 000 livres égyptiennes (environ 1 812 euros). L'affaire est toujours en cours malgré les demandes du défenseur et de ses avocats afin que son témoignage soit entendu en tant que victime d'une arrestation illégale et de mauvais traitements.

Cet incident constitue la septième arrestation d'Ahmed Douma depuis sa libération en 2023 et reflète un schéma persistant d’acharnement judiciaire, notamment l'interdiction de voyager dont il fait l’objet. Le 28 juillet 2025, le défenseur des droits humains a été convoqué par le Parquet suprême de la sûreté de l'État (SSSP) pour la troisième fois en quelques mois, interrogé et accusé de « diffusion de fausses informations », « trouble de l'ordre public », « semer la confusion » et « incitation à la peur parmi les citoyens ». Ces accusations sont définies de façon vague et couramment utilisées en Égypte pour criminaliser l'expression pacifique. Le défenseur a été libéré sous caution, dont le montant a été fixé à 50 000 livres égyptiennes (environ 900 €). Ni lui ni ses avocats n'ont été informés des charges retenues contre lui avant l'interrogatoire, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant au respect des droits de la défense et à l'équité de la procédure.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par les arrestations répétées, les mauvais traitements et l’acharnement judiciaire dont Ahmed Douma fait l'objet. L'organisation estime que le harcèlement et les attaques incessants dont Ahmed Douma est victime sont directement liés à son action légitime et pacifique en faveur des droits humains. Front Line Defenders réitère son inquiétude concernant le recours croissant à des cautions d'un montant prohibitif, qui semble être une mesure délibérée visant à exercer une pression financière sur les défenseur⸱ses des droits humains afin de réduire au silence toute dissidence.

Front Line Defenders exhorte les autorités égyptiennes à :

  1. Abandonner toutes les accusations contre Ahmed Douma et mettre fin à toute forme d’acharnement judiciaire ;
  2. Rendre immédiatement tous ses appareils et effets personnels confisqués ;
  3. Mener une enquête indépendante et impartiale sur les allégations de mauvais traitements et de violations de procédure et demander des comptes aux responsables ;
  4. Garantir que tous les défenseur⸱ses des droits humains en Égypte puissent mener à bien leurs activités sans crainte de représailles et sans aucune restriction.