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Bangladesh : La défenseuse des droits humains Layeqa Bashir face au risque de renvoi arbitraire

Statut: 
Risque d’être arbitrairement licenciée
À propos de la situation

Le 18 janvier 2026, la défenseuse des droits humains et universitaire Layeqa Bashir a pris connaissance d'une lettre mettant fin à son contrat de travail à l'Université d'Asie-Pacifique, qui a été diffusée sur les réseaux sociaux et signée par le registraire de l'université. À ce jour, la défenseuse des droits humains n'a pas reçu de lettre officielle mettant fin à son contrat de travail. Cet incident récent s'inscrit dans le cadre d'une vaste campagne de dénigrement, d'actes d'intimidation et de menaces orchestrés contre Layeqa Bashir.

À propos de Layeqa Bashir

Layeqa Bashir est défenseuse des droits humains et professeure adjointe de sociologie au département des sciences fondamentales et des sciences humaines de l'Université d'Asie-Pacifique, une université privée située à Dhaka, au Bangladesh. Elle est coordinatrice du comité des plaintes de l'université, qui promeut la reddition de comptes en matière de violence sexiste. Elle est également membre du Réseau des enseignants universitaires, une plateforme regroupant des professeurs d’université qui défendent activement la liberté académique, la liberté d'expression et le droit à l'éducation. Au cours du mouvement étudiant de juillet 2024, elle a joué un rôle de premier plan dans les manifestations pacifiques et a soutenu l'appel du mouvement en faveur de réformes démocratiques au Bangladesh.

21 Janvier 2026
Bangladesh : La défenseuse des droits humains Layeqa Bashir face au risque de renvoi arbitraire

Le 18 janvier 2026, la défenseuse des droits humains et universitaire Layeqa Bashir a pris connaissance d'une lettre mettant fin à son contrat de travail à l'Université d'Asie-Pacifique, qui a été diffusée sur les réseaux sociaux et signée par le registraire de l'université. À ce jour, la défenseuse des droits humains n'a pas reçu de lettre officielle mettant fin à son contrat de travail. Cet incident récent s'inscrit dans le cadre d'une vaste campagne de dénigrement, d'actes d'intimidation et de menaces orchestrés contre Layeqa Bashir.

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Layeqa Bashir est défenseuse des droits humains et professeure adjointe de sociologie au département des sciences fondamentales et des sciences humaines de l'Université d'Asie-Pacifique, une université privée située à Dhaka, au Bangladesh. Elle est coordinatrice du comité des plaintes de l'université, qui promeut la reddition de comptes en matière de violence sexiste. Elle est également membre du Réseau des enseignants universitaires, une plateforme regroupant des professeurs d’université qui défendent activement la liberté académique, la liberté d'expression et le droit à l'éducation. Au cours du mouvement étudiant de juillet 2024, elle a joué un rôle de premier plan dans les manifestations pacifiques et a soutenu l'appel du mouvement en faveur de réformes démocratiques au Bangladesh.

Dans la soirée du 18 janvier 2026, Layeqa Bashir a été informée de la diffusion d'une lettre annonçant la résiliation de son contrat de travail en tant que professeure adjointe de sociologie à l'Université d'Asie-Pacifique. La lettre, signée par le registraire de l'université, a été diffusée sur Facebook. Plus tôt dans la journée, des centaines d'étudiants se sont rassemblés sur le campus de l'université et ont tenu une conférence de presse pour exiger la démission de Layeqa Bashir. Tout au long de la journée, le groupe d’étudiants a exercé une pression soutenue sur la direction de l’université. À ce jour, la défenseuse des droits humains n'a pas reçu de lettre officielle de la part de l'université mettant fin à son contrat de travail.

Le 12 janvier 2026, le chef du département des sciences fondamentales et des sciences humaines a informé Layeqa Bashir par téléphone que l'université avait décidé de la suspendre temporairement. Il lui a proposé certains avantages si elle cédait à cette pression et démissionnait.

Ces mesures ont été prises quelques mois seulement après qu'elle a enquêté, en sa qualité de coordinatrice du comité des plaintes de l'université, sur un cas de harcèlement sexuel dans lequel elle avait proposé des mesures disciplinaires à l'encontre d'un membre haut placé du personnel universitaire. Cette recommandation a suscité le mécontentement de certains hauts fonctionnaires et des auteurs présumés eux-mêmes. La défenseuse des droits humains a également été victime d'une campagne de diffamation en ligne à la suite d'événements qui se sont déroulés à la mi-décembre 2025.

Le 10 décembre 2025, Layeqa Bashir a publié un message sur sa page Facebook personnelle à propos d’un double meurtre très médiatisé qui a eu lieu à Mohammadpur et qui aurait été commis par une employée de maison voilée. Cette publication, qui était paramétrée sur « Amis uniquement » et n'était pas visible publiquement, indiquait que le fait de se couvrir le visage avec un voile rendait difficile l'identification des suspects. Elle suggérait également que la pratique croissante visant à se cacher le visage pourrait contribuer à l'augmentation de la criminalité. En réponse à cette publication privée sur Facebook, certains anciens étudiants de l'Université d'Asie-Pacifique ont commencé à proférer des menaces et à diffuser des propos diffamatoires à l'encontre de Layeqa Bashir sur Internet.

Le 14 décembre 2025, le vice-président de l'université lui a ordonné verbalement de remettre sa démission immédiate. Le 15 décembre 2025, Layeqa Bashir a rencontré plusieurs responsables de l'université, notamment le vice-président, le vice-président adjoint, le président du conseil d'administration et d'autres hauts responsables, auxquels elle a demandé verbalement qu'une enquête en bonne et due forme soit menée. Après cela, les responsables de l'université ont demandé aux étudiants de déposer de nouvelles plaintes et ont formé une commission d'enquête. Le cyber harcèlement contre Layeqa Bashir s'est poursuivi sur plusieurs pages et groupes Facebook gérés par des étudiants, où elle a été taxée d'« islamophobe ».

Le 22 décembre 2025, inquiète pour sa sécurité physique face à l'escalade des menaces en ligne, Layeqa Bashir a porté plainte au poste de police de Tejgaon pour le harcèlement dont elle était victime. Au cours des semaines qui ont précédé la lettre de licenciement, des groupes d'extrême droite ont continué à harceler Layeqa Bashir sur Internet et ont proféré diverses menaces à son encontre, notamment des menaces contre son intégrité physique et psychologique.

La campagne de dénigrement, les menaces et les mesures disciplinaires prises à l'encontre de la défenseuse des droits humains Layeqa Bashir s'inscrivent dans une tendance plus large qui voit les personnes en position d'autorité chercher à réprimer la liberté d'expression et la liberté académique, par la coercition et la pression, visant de plus en plus les groupes progressistes et laïques au Bangladesh.

Front Line Defenders estime que Layeqa Bashir est prise pour cible en raison de son travail en faveur des droits humains et de son rôle actif dans la promotion de la démocratie, de la liberté académique et de la lutte contre les violences sexistes.

Front Line Defenders appelle les autorités compétentes du Bangladesh à :

  1. Rétablir immédiatement le contrat de travail de Layeqa Bashir et mener une enquête indépendante sur la campagne de diffamation en ligne et les menaces dont elle est victime ;
  2. Garantir le droit de Layeqa Bashir à une procédure régulière, y compris l'accès à toutes les plaintes déposées contre elle, et la protéger contre un licenciement arbitraire sans audience en bonne et due forme ;
  3. Prendre toutes les mesures nécessaires afin de garantir l'intégrité physique et psychologique et la sécurité de Layeqa Bashir ;
  4. Veiller à ce que tous les défenseur⸱ses des droits humains au Bangladesh puissent mener leurs activités sans crainte de représailles et sans aucune restriction.