Posted 2010/5/9

Equateur: Menaces et intimidations contre la défenseuse des droits humains Mme Rosío Pérez et El Frente de Mujeres Defensoras de la Pachamama

Le 27 avril 2010, les défenseuses des droits humains d'El Frente de Mujeres Defensoras de la Pachamama (le Front des Femmes Défenseuses de la Terre Mère), dans la paroisse de Molleturo à Cuenca en Equateur, y compris la Présidente de l'organisation, Mme Rosío Pérez, ont été menacées et intimidées. Il semble que ces menaces soient des représailles suite aux plaintes déposées par l'organisation auprès du Ministère de l'Environnement et la Agencia Desconcentrada de Regulación y Control Minero – ADRCM (Agence décentralisée pour la régulation et le contrôle de l'industrie minière), au nom des résidents de Piedra Azul, au sujet de la possible exploitation illégale de mines, qui affecterait les réserves d'eau de la région.

Informations Complémentaires

Le 27 avril 2010 vers 10h45, un homme se présentant comme un patron local de l'industrie minière, est entré dans les bureaux d'El Frente de Mujeres Defensoras de la Pachamama à Molleturo et a demandé à parler à Rosío Pérez au sujet des plaintes que l'organisation a déposées au Ministère de l'Environnement et l'ADRC, au nom des résidents de la région de Piedra Azul, concernant les possibles exploitations illégales des mines.

Son interlocutrice, Mme Rosa Gutama, l'a informé que Rosío Pérez n'était pas disponible et l'homme a alors demandé des photocopies des documents liés à la plainte qui pourraient lui permettre d'identifier ceux qui ont attiré l'attention de l'organisation sur cette affaire, dans le but d'entamer des poursuites judiciaires contre eux. L'homme a élevé la voix afin d'intimider Rosa Gutama, et il a aussi fait part de son intention d'entamer une action en justice contre Rosío Pérez en personne.

A plusieurs occasions lors de cette rencontre, l'homme a fait référence aux copies de la plainte qu'El Frente de Mujeres Defensoras de la Pachamama a déposé devant le Ministère de l'Environnement, déclarant que ces copies, qu'il avait sur lui, lui avaient été faxées aussitôt après avoir été déposées.

L'homme a été avertit que s'il voulait entamer une action en justice il devrait le faire contre l'organisation et non contre les personnes, mais celui-ci a insisté sur le fait qu'il poursuivrait en justice toutes les personnes au nom de qui El Frente de Mujeres Defensoras de la Pachamama a porté plainte et, en partant, il a ajouté que « cela ne se terminera pas comme ça ».

Les 5 et 8 avril 2010, El Frente de Mujeres Defensoras de la Pachamama avait respectivement contacté l'ADRCM et le bureau local du Ministère de l'Environnement, les informant des plaintes des habitants concernant la présence de mineurs dans la région, qui travailleraient illégalement.

Les habitants déclarent que les opérations minières affectent les sources d'eau locales et ils sollicitent donc des informations au sujet des compagnies minières locales ainsi que sur leurs statuts juridiques, appelant à une inspection de la région.

De plus, des résidents de Piedra Zaul ont informé El Frente de Mujeres Defensoras de la Pachamama que des mineurs illégaux dans la région sont souvent accompagnés d'un personnel armé et par conséquent, les personnes qui ont parlé de l'affaire à l'organisation souhaitent rester anonymes.

Front Line est profondément préoccupée par les fuites de documents au Ministère de l'Environnement ou à l'ADRCM. Ces fuites ne semblent pas avoir été demandées mais plutôt une initiative personnelle, sans autorisation, ce qui montre que des éléments au sein du Ministère de l'Environnement ou de l'agence travaillent activement en faveur des intérêts de l'industrie minière, légaux ou non, dans la région, et contre les résidents affectés.

Par ailleurs, Front Line est préoccupée par les véritables motivations pour identifier les personnes à Piedra Azul, au nom de qui El Frente de Mujeres Defensoras de la Pachamama a porté plainte et donc, pour l'intégrité physique et psychologique de toutes ces personnes.

Une mise à jour est nécessaire pour cette action. Avant de poursuivre cette action, contactez info@frontlinedefenders.org pour plus d'informations