Posted 2012/5/4
Colombie: Nouvelles menaces contre le défenseur des droits humains M. Abelardo Sánchez Serrano
M. Abelardo Sánchez SerranoLe 30 avril 2012, deux inconnus ont été vus en train de prendre des photos du domicile de M. Vladimir Amaya Garcés, un gardien de sécurité assigné au DDH Abelardo Sánchez Serrano.
Abelardo Sánchez Serrano est membre du conseil de direction de la Corporación Regional para la Defensa de los Derechos Humanos – CREDHOS (Corporation régionale pour la défense des droits humains). CREDHOS organise des formations sur le thème des droits humains et du droit humanitaire international, et rassemble les plaintes concernant les violations des droits humains et crimes contre l'humanité commis par les groupes paramilitaires et les membres des forces de sécurité, notamment les crimes liés aux exécutions extrajudiciaires dans la région. Abelardo Sánchez Serrano a participé à la 6e Plateforme de Dublin en septembre 2011.
Le 30 avril 2012 à 08h30, la jeune fille de M. Vladimir Amaya Garcés a téléphoné à sa tante pour lui dire que deux inconnus étaient en train de photographier la façade de leur maison, ainsi que l'intérieur à travers une fenêtre dont ils ont ouvert les volets. La maison, à Barrancabermeja dans le département de Santander, était fermée à ce moment-là. Les voisins ont déclaré que c'était la troisième fois que ces personnes étaient vues en train d'observer la zone, et bien qu'elles prétendent repérer les lieux en vue d'acheter une maison, elles ont aussi demandé pour qui Vladimir Amaya Garcés travaillait en tant que garde.
De plus, les voisins du défenseur Abelardo Sánchez Serrano ont rapporté que le 29 avril 2012, un taxi transportant trois personnes avait circulé autour de sa maison, et que ces personnes avaient demandé l'endroit où se trouve "la casa donde vive Sánchez el que trabaja en los Derechos Humanos" (la maison où vit Sánchez celui qui travaille dans les droits humains). Ces personnes ont quitté les lieux lorsqu'elles ont réalisé qu'une voiture de police patrouillait dans le quartier, en raison des élections locales (juntas de acción comunal). Front Line Defenders est inquiète pour la sécurité de Vladimir Amaya Garcés et sa famille, au vu des incidents de sécurité susmentionnés et de son lien avec Abelardo Sánchez Serrano.
En janvier 2012, Front Line Defenders avait lancé un appel urgent suite aux menaces proférées par des individus armés contre Abelardo Sánchez Serrano. Ces individus avaient averti le défenseur qu'il lui restait 72h pour quitter la ville. Le porte-parole de CREDHOS, M. David Rabelo Crespo, est emprisonné depuis septembre 2010. Il est poursuivi pour complot visant à commettre un crime et pour meurtre avec circonstances aggravantes. Ces accusations ont été portées contre lui par un ancien membre d'un groupe paramilitaire. Pendant sa détention, il aurait été directement menacé et harcelé. Front Line Defenders suit l'affaire de David Rabelo Crespo depuis son arrestation en septembre 2010.
Front Line Defenders considère que ces menaces récentes contre Abelardo Sánchez Serrano font partie d'une campagne de menaces, intimidation et harcèlement des membres de CREDHOS et d'autres organisations qui opèrent dans la région. Entre 1991 et 1992, six membres actifs de CREDHOS ont été assassinés et d'autres ont été contraints de s'exiler. Les membres de CREDHOS et d'autres organisations sociales de la région ont reçu neuf menaces de mort en 2008, signées par des groupes paramilitaires, et 12 menaces de mort entre 2009 et 2011.
Front Line Defenders pense que les menaces contre Abelardo Sánchez Serrano ont un lien direct avec son travail légitime et pacifique en faveur des droits humains, et notamment avec son appartenance à CREDHOS et le travail de l'organisation contre les violations des droits humains perpétrées par des acteurs liés ou non à l'État. Front Line Defenders est profondément préoccupée pour l'intégrité physique et psychologique d'Abelardo Sánchez Serrano, de son garde Vladimir Amaya Garcés et des autres membres de CREDHOS. Ces inquiétudes sont renforcées, car les mesures de précaution pour la sécurité des membres de CREDHOS requises par la Commission Inter-américaine des Droits de l'Homme sont actuellement suspendues; le gouvernement colombien estime qu'il n'y a plus de risque, car les groupes paramilitaires ont été soi-disant démobilisés dans cette partie du pays.
Une mise à jour est nécessaire pour cette action. Avant de poursuivre cette action, contactez info@frontlinedefenders.org pour plus d'informations.






