La Sixième Plateforme de Dublin pour les défenseur-ses des droits humains, Septembre 2011
La force motrice derrière le travail de Front Line Defenders est l'esprit des défenseur-ses des droits humains eux-elles mêmes, et leur refus d'abandonner ou d'accepter l'injustice, leur insistance sur le fait que les droits humains et la pleine égalité ne sont pas négociables et leur persistance à défier les gouvernements difficiles et les acteurs non liés à l'État pour défendre les droits des autres.
C'est cet esprit qui a pris corps et qui animait la Sixième Plateforme de Dublin pour les défenseur-ses des droits humains en danger, à laquelle ont participé 132 défenseur-ses des droits humains venant de 85 pays, du 14 au 16 septembre 2012. Chaque Plateforme est toujours une expérience unique, en raison de la riche diversité des défenseur-ses des droits humains courageux-ses et extraordinaires qui y participent.
Comme toujours chaque participant à la Sixième Plateforme de Dublin a apporté une grande énergie et de la sagesse aux discussions sur la façon de renforcer la sécurité et la protection.
Les sessions formelles ont été facilitées par une interprétation simultanée en arabe, anglais, français, russe et espagnol et une interprétation chuchotée était disponible en cinq autres langues, telles que le portugais, l'hindi ou le bahasa. Les discussions informelles étaient aussi extrêmement riches et les participants ont tissé des liens au-delà des barrières linguistiques et culturelles.
Tous-tes les défenseur-ses des droits humains qui se sont rassemblé-es au Château de Dublin étaient, en septembre 2011, en danger à cause de leur travail non-violent pour défendre les droits des autres. Ils-elles sont exposé-es à des menaces de mort et à la violence physique, au refus ou à la perte de leur emploi, aux arrestations et aux actes de harcèlement, et parfois à la torture.
Des exemples de ces menaces et attaques ont été partagés lors de témoignages souvent bouleversants. Mais l'accent était mis également sur le renforcement des mécanismes de protection, engageant la communauté internationale, en tenant agresseurs responsables et fournissant un soutien aux personnes attaquées.
De nombreux représentants d'organisations internationales se sont joints aux DDH. La Prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi, la nouvelle Rapporteuse Spéciale des Nations Unies sur la liberté de rassemblement et d'association Maina Kiai, et Eamon Gilmore TD, député et ministre des Affaires Etrangères, ont prononcé des discours liminaires. Pendant la Plateforme, Margaret Sekaggya, Rapporteuse Spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseur-ses des droits humains, a aussi prononcé un discours par vidéo.
Une table ronde sur les risques spécifiques auxquels sont confrontées les femmes défenseuses des droits humains (FDDH) s'est appuyée sur des présentations expertes de: Lorena Cabnal (Guatemala), Julienne Lusenge (RDC), Samira Hamidi (Afghanistan) et Mary Y. Conteh (Sierra Leone). Mary Lawlor a présidé une table ronde intitulée "Visibilité, reconnaissance et légitimité; comment les obtenir? Comment les conserver?" avec Yuri Melini (Guatemala), Usman Hamid (Indonésie) et Isatou Touray (Gambie).
Une table ronde sur les mécanismes régionaux de protection des DDH a été enrichie des contributions de Santiago Canton, secrétaire exécutif de la commission Interaméricaine des droits de l'Homme, S.E. Rafendi Djamin, représentant de l'Indonésie et président de la commission intergouvernementale des droits humains (AICHR) de l'ASEAN, et Benjamin Moreau, conseiller dans le domaine des droits humains pour le Bureau des Institutions Démocratiques et des Droits Humains de l'OSCE.
L'un des principaux thèmes de la Plateforme était l'importance de la solidarité internationale entre les DDH, afin d'arriver à un changement durable. Dans cet esprit de solidarité, les 132 défenseur-ses des droits humains et près de 100 autres invités sont descendus dans les rues de Dublin pour manifester devant l'ambassade saoudienne. Les manifestants, menés par Mary Lawlor, appelaient le gouvernement Saoudien à user de son influence auprès du Roi du Bahreïn pour faire libérer Abdulhadi Alkhawaja et tous-tes les autres défenseur-ses des droits humains actuellement détenu-es au Bahreïn.
Tout au long de la conférence, il y avait des services d'assistance sur le thème de la sécurité numérique, disponibles en arabe, anglais, français, russe et espagnol, et certains DDH ont participé à des formations sur la sécurité numérique avant la Plateforme.
Les participants ont pu profiter d'un programme culturel riche, composé d'une pléiade de talents musicaux comme Colm Ó Snodaigh, Ross Ó Snodaigh, Eoin Dillon et Seanan Brennan du groupe Kila, ainsi que Keith Donald de la Irish Music Rights Organisation (IMRO). L'esprit dynamique émergeant de la rencontre de tant de défenseurs des droits humains exceptionnels a été vivement capturé par la danse collective irlandaise et par les lignes de danse conga merveilleusement chaotiques lors de la soirée finale à la Old Jameson Distillery.
Le rapport attaché met en lumière ce que les DDH ont dit à propos de leur travail, et des dangers et problèmes auxquels ils sont confrontés. Ce n'est pas un compte rendu in extenso. Il vise plutôt à donner un aperçu de la rencontre - un certain sentiment de ce que les défenseur-ses des droits humains qui ont participé ont partagé entre eux et avec tous-tes ceux-celles qui étaient présent-es.






