Malawi
VUE D'ENSEMBLE
Autrefois considéré comme un pays où la société civile pouvait s’exprimer librement, le Malawi a depuis quelques années basculé dans la spirale de l’autoritarisme qui a abouti à la répression des défenseur-ses des droits humains par des arrestations, poursuites, menaces de mort et violentes dispersions des manifestations. Les tensions entre la société civile et les autorités a atteint son apogée en 2011. La mort soudaine du Président Mutharika début avril 2012 a conduit à un changement de gouvernement. La nouvelle Présidente, Mme Joyce Banda, a promis des réformes profondes et a marqué le retour à la normalité dans les relations entre le gouvernement et la société civile.
Tout au long de 2011, les défenseur-ses des droits humains et autres critiques du gouvernement ont été harcelé-es et intimidé-es. Les défenseurs des droits humains ont été directement pris pour cible pour avoir soutenu les demandes de réformes sociétales et de bonne gouvernance et pour avoir pris la tête des grandes manifestations. Pratiquement tous les DDH qui ont participé au mouvement pro-réforme ont reçu des menaces sérieuses, y compris des appels téléphoniques aux membres de leurs familles, pour savoir où se situent les bureaux ou les domiciles des DDH. Les autorités ont fait des déclarations incitant à la violence contre les défenseurs des droits humains et les leaders de la société civile. Le défunt Président avait plusieurs fois appelé ses partisans à combattre tous ceux qui s’opposent à ses opinions ou qui critiquent le gouvernement, déclarant qu’il les « délogerait en les enfumant ». En réponse aux protestations, les autorités locales ont interdit les manifestations dans les plus grandes villes. En mars 2011, le Président a décrété que les personnes qui veulent organiser une manifestation pacifique déposent au préalable une caution de 2 millions MK. Les grandes manifestations de juillet 2011 ont été violemment réprimées par la police, faisant 19 morts et des centaines de blessés parmi les manifestants. En octobre, le gouvernement a annoncé une interdiction définitive des manifestations. À plusieurs occasions, les cabinets ministériels ont menacé de radier les ONG qui critiquent les politiques gouvernementales et en particulier celles qui ont participé aux manifestations. Plusieurs cambriolages suspects de bureaux d'ONG ont été recensés, et les bureaux et domiciles de deux éminents défenseurs des droits humains ont été incendiés. Les menaces et attaques ont été proférées par des individus qui se sont présentés comme étant affiliés au Parti Démocratique Progressif au pouvoir ou par des inconnus qui seraient des agents chargés de la sécurité de l'État. Un étudiant militant a été retrouvé mort et les circonstances de ce décès n’ont pas été clarifiées. Avec le nouveau gouvernement en place depuis avril 2012, les menaces, attaques et actes d'intimidation contre les défenseur-ses des droits humains ont considérablement diminué.
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