Posted 2011/6/26
Bahreïn: Andrew Anderson de Front Line souligne le déni de justice dans le procès d' Abdulhadi Al Khawaja
Abdulhadi Op Ed for the Examiner 22 June
Les dirigeants bahreïnis se condamnent eux-même en condamnant mon ami à la prison à vie
Abdulhadi Al Khawaja est un ami cher et un ancien collègue qui a travaillé avec nous à Front Line jusqu'en février dernier; il coordonnait notre travail avec les défenseur-ses des droits humains du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord. Aujourd'hui, un tribunal militaire l'a condamné à la prison à perpétuité, pour "Organisation et gestion d’une organisation terroriste" et "Tentative visant à renverser le gouvernement par la force et en lien avec une organisation terroriste travaillant pour un pays étranger".
Informations Complémentaires
Le gouvernement bahreïni a tenté de réprimer les manifestations qui ont éclatées en février, en faveur de la démocratie et des droits humains et qui appelaient à la fin de la corruption. Le gouvernement a déclaré à plusieurs reprises être en faveur du dialogue et des réformes, et que les preuves des meurtres de manifestants pacifiques et des actes de torture contre des détenus étaient fabriquées. Cependant, malgré avoir payé cher des personnes chargées des relations publiques à Washington et ailleurs pour diffuser son message, le gouvernement n'a pas pu étouffer la vérité sur ce qu'il a fait et a complètement échoué à rendre crédibles toutes les affaires contre ceux qui ont été accusés et condamnés.Au cours des trois derniers mois, Front Line a envoyé quatre missions au Bahreïn et a étroitement suivi le procès d' Abdulhadi Al Khawaja et des 20 autres personnes accusées avec lui. Deux avocats londoniens se sont séparément vus refuser l'accès aux audiences, mais la Directrice de Front Line, Mary Lawlor, a pu assister à une audience en juin. Cependant ceux qui ont pu assister à ce qui était un procès politique spectacle, dépeignent une image lamentable de la "justice" bahreïnie.
Abdulhadi Al Khawaja a été passé à tabac lors de son arrestation, placé à l'isolement et torturé si gravement qu'il a dû subir une opération de la tête à l'hôpital militaire. Il n'a pas été autorisé à voir son avocat sauf lors de brèves rencontres au tribunal. Lui et son avocat ont été réduits au silence lorsqu'ils ont tenté de faire part de leurs préoccupations concernant des actes de torture dans la salle d'audience. La cour n'a ordonné aucune enquête en ce qui concerne les preuves indiquant qu' Abdulhadi Al Khawaja et d'autres personnes ont bien été torturés.
L'affaire présentée par le procureur militaire manque de crédibilité et de preuve suffisantes. Des personnes présentes à l'audience ont identifié deux témoins de l'accusation, qui seraient des agents de sécurité; l'un d'entre eux serait directement impliqué dans des actes de torture. Ces témoins qui ne sont pas convaincants, n'ont pas été en mesure de présenter autre chose que des accusations étranges et ont été jugés trop faibles pour être soumis à un contre-interrogatoire. La défense n'a pas été autorisée à présenter des témoins. La date du verdict a été annoncée avant que l'avocat de la défense ne fasse sa dernière plaidoirie.
Il est clair que les autorités bahreïnies détestent et craignent mon ami Abdulhadi Al Khawaja, un défenseur des droits humains distingué, connu et apprécié pour son travail en faveur des autres à travers le Moyen-Orient. Depuis son arrestation, des messages de soutien lui sont adressés depuis toute la région. Cent vingt défenseur-ses des droits humains, du Maroc au Yémen, ont signé une déclaration de solidarité envers lui.
Lorsque j'étais au Bahreïn en avril, pour réclamer qu' Abdulhadi Al Khawaja puisse voir sa famille et son avocat, les diplomates bahreïnis, les avocats du gouvernement et les représentants de la police m'ont dit qu'il était coupable de terribles crimes, qu'il avait dupé la communauté internationale, et qu'en réalité, il n'est qu'un terroriste et extrémiste religieux au service des iraniens. Certains de ces hommes avaient une véritable colère dans la voix lorsqu'ils parlaient de mon noble ami, qui à ce moment là n'avait pas encore été officiellement accusé de quoi que ce soit.
Mais vous pouvez en dire beaucoup sur un homme d'après ses amis.
Suad Al-Gedsi, une courageuse défenseuse des droits des femmes au Yémen a déclaré "Je connais très bien Abdulhadi personnellement. C'est un militant exceptionnel, indépendant de toute secte ou parti politique".
Abdulhadi a travaillé sans relâche pour la libération de l'ancien défenseur des droits humains Haithem Al-Maleh en Syrie, qui est désormais contraint de se cacher mais qui a tenu à envoyer ce message:
"Malheureusement, tous les dispositifs de sécurité dans le monde arabe ont une chose en commun; ils persécutent les penseurs et les gens vertueux à cause de leur activisme et de leur travail en faveur des autres. J'espère que M.Al Khawaja sera bientôt libéré et que les dossiers des personnes détenues dans le monde arabe seront bientôt refermés".
J'ai travaillé avec Abdulhadi et sympatisé avec lui. J'ai rencontré sa fantastique famille, j'ai mangé chez lui. J'ai même joué au foot avec lui. C'est un homme bon, un homme noble.
Il y a quelques semaines, le Président Obama a dit "les arrestations massives et la force brute sont contraires aux droits universels des citoyens du Bahreïn". Il est temps de mettre fin à la folie de ce procès spectacle et aux tortures. Il est temps de libérer Abdulhadi Al Khawaja.
Andrew Anderson est Directeur adjoint de Front Line, la Fondation Internationale pour la Protection des Défenseurs des Droits Humains, basée à Dublin






