Inde
VUE D'ENSEMBLE
Le monde associatif indien est dynamique et très divers ; la majorité des organisations non gouvernementales jouissent d’une large liberté d’association et d’expression ; la protection et la sécurité des défenseurs des droits humains opérant dans certaines zones et sur certaines thématiques soulèvent néanmoins de graves inquiétudes. Dans certains cas, des défenseurs sont soumis à des arrestations et à des détentions arbitraires et leur sécurité personnelle est mise en cause. Les défenseurs qui signalent les violations des droits humains commises par les forces de police et militaires ainsi que les défenseurs qui font campagne autour de problématiques environnementales et du droit à la terre sont particulièrement pris pour cible.
La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies écrit dans son rapport sur la situation des défenseurs des droits humains que les défenseurs indiens s’intéressent à un large éventail de droits politiques, économiques, sociaux et culturels : discrimination fondée sur la caste, droits des enfants, problèmes d’environnement, mondialisation et droits humains, droit au logement, droits des populations indigènes, droits des LGBT, droits de la femme et trafic des êtres humains. On trouve parmi eux des défenseurs plaidant pour la non-discrimination envers les Dalits (Intouchables), les Adivasis et d’autres populations indigènes et des défenseurs qui cherchent à préserver les droits humains au Jammu, au Cachemire et dans d’autres régions sous le coup d’une agitation civile. La liberté de fonctionnement des associations des droits humains pourrait être entravée par la loi de 2006 règlementant les contributions étrangères qui, si elle était adoptée, réduirait de manière significative le financement des ONG par des sources étrangères. La liberté de réunion est garantie en théorie par la Constitution indienne, mais limitée dans la pratique, avec par exemple la dispersion excessivement brutale par les forces de police des manifestations soulignant l’impact social et les conséquences désastreuses pour l’environnement du barrage de Narwada. Les défenseurs qui mènent campagne autour de ces questions de droits humains ou d’autres ont perdu une partie de liberté de mouvement et ont été victimes d’arrestations arbitraires, de détentions, de poursuites pénales, de torture et de mauvais traitements au poste de police, de harcèlement, de menaces, d’attaques et d’exécutions sommaires. D’après la Représentante spéciale des Nations unies, les abus commis envers les défenseurs des droits humains bénéficieraient apparemment d’une sorte d’impunité.
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