Asie-Pacifique

VUE D'ENSEMBLE

2012 a continué d’être une année difficile pour les défenseurs des droits humains en Asie. Front Line Defenders a documenté un nombre croissant d’affaires dans lesquelles les DDH qui travaillent sur les droits économiques, sociaux et culturels ont été ciblés en raison de leur travail – et particulièrement au Cambodge, en Indonésie, au Laos, au Pakistan et aux Philippines.

2012 a été marqué par l’augmentation du nombre de DDH assassinés à cause de leur travail en faveur des droits économiques, sociaux et culturels. Front Line Defenders a signalé les assassinats de dix DDH au Cambodge, en Inde, aux Philippines et en Thaïlande. Au Cambodge, le fondateur du groupe de protection des ressources naturelles Chut Wutty a été abattu en avril et aucune enquête efficace n’a été menée. En juillet, en Inde, K Rajmohan Chandra a été agressé et tué à cause de son travail sur des affaires de corruption impliquant des juges, des responsables de la police, des politiciens et des hommes d’affaires. Aux Philippines, les DDH défendant le droit à la terre des communautés autochtones ont été le plus souvent pris pour cible au cours des dernières années. En mars, le défenseur des droits humains et leader indigène Jimmy Liguyon a été abattu devant chez lui dans le Barangay de Dao, vraisemblablement par le leader d’un groupe paramilitaire. Un mandat d’arrêt a été lancé contre l’auteur du crime au mois de mai, mais à ce jour, les autorités n’ont pas appréhendé le coupable. D’autres agressions physiques contre les DDH ont été recensées en Inde, au Laos, aux Maldives, au Pakistan, au Sri Lanka et au Vietnam.

Les campagnes de diffamation qui désignent les défenseurs des droits humains comme des ennemis de l’État ou travaillant à la solde d’intérêts étrangers ont persisté en Chine, en Inde, aux Philippines, au Sri Lanka et au Vietnam. En Inde, le vice-président de la Gandhi Peace Foundation a été taxé de sympathisant maoïste pour son travail en faveur de l’environnement et du droit à l’accès à l’eau pour les personnes défavorisées.

Les défenseurs des droits humains qui fournissent des informations à des organes de l’ONU chargés des droits humains ont été la cible de représailles au Sri Lanka. En mars, quatre DDH reconnus ont été menacés verbalement par la délégation sri lankaise qui assistait à la session du Conseil des Droits de l’Homme, alors qu’ils venaient de dénoncer les exactions perpétrées dans leur pays. Une campagne de dénigrement a été menée par des médias affiliés au gouvernement, les accusant de trahison, d’appartenir à un ancien groupe armé séparatiste, les Tigres de Libération de l’Ïlam Tamoul (LTTE), et d’avoir reçu de l’argent pour travailler contre les intérêts du pays. À l’occasion d’un rassemblement public, le ministre des Relations publiques a aussi menacé de leur nuire physiquement.

Les DDH qui envoient des informations aux organisations internationales et aux médias concernant la situation des droits humains en Chine ont aussi été pris pour cible. Au moins un défenseur des droits humains tibétain a été condamné à une lourde peine de prison pour avoir diffusé des informations sur l’auto immolation et la situation des droits humains. Le travail des DDH au Tibet et dans les zones environnantes est devenu extrêmement difficile et dangereux en raison des mesures sécuritaires sévères adoptées pour répondre aux actes d’auto immolation des Tibétains.

La montée du fondamentalisme a affecté les DDH travaillant en Malaisie, en Indonésie et au Pakistan. Au Pakistan, de mai à juillet, les religieux salafistes du district du Kohistan ont proféré des menaces contre les défenseuses des droits humains et les ONG. En mai, un ancien membre de l’Assemblée nationale du Pakistan a publiquement menacé de marier de force les défenseuses des droits humains à des hommes de la localité si elles poursuivaient leur travail dans le district. En octobre, Malala Yousafzai, 14 ans, a reçu une balle dans la tête et a été grièvement blessée pour avoir milité en faveur du droit des filles à recevoir une éducation.

L’acharnement judiciaire a été utilisé contre les défenseurs des droits humains au Bangladesh, au Cambodge, en Chine, en Inde, en Indonésie, aux Philippines, au Sri Lanka, en Thaïlande et au Vietnam. En Chine, plusieurs DDH ont fait face à des accusations criminelles et ont été condamnés à de lourdes peines de prison à cause de leurs activités. L’accusation “d’incitation à la subversion du pouvoir de l’État” reste communément utilisée contre les DDH et en particulier contre les écrivains et les poètes. Le Code des procédures pénales a été révisé en mars, afin d’autoriser les détentions secrètes de suspects dans des affaires relatives à la sécurité de l’État, au terrorisme et à la corruption grave. Certains défenseurs ont été accusés de “fraude” dans le but de ternir leur réputation aux yeux du public. Les assignations à résidence, interdictions de voyager et détentions extrajudiciaires sont toujours utilisées par l’appareil judiciaire pour empêcher les militants de mener à bien leur travail, en particulier en période sensible. Cela a été le cas en novembre lors du changement de dirigeant à la tête du Parti communiste chinois: de nombreux DDH n’ont pas été autorisés à quitter leur domicile ou à voyager à l’étranger, ou ont été contraints à quitter Pékin.

L’ouverture politique en Birmanie a donné plus d’espace aux DDH qui défendent les droits civils et politiques. Cependant, de nouveaux projets de développement ont eu un impact négatif sur les DDH qui œuvrent en faveur du droit à la terre, des droits des communautés et contre les expulsions forcées; ils ont dû faire face à plus d’actes d’intimidation. En novembre, la police antiémeute a dispersé des milliers de manifestants et de défenseurs des droits humains qui s’étaient rassemblés pour manifester contre l’impact d’un projet de mine de cuivre sur une communauté locale.

Les gouvernements de l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN) ont montré leur réticence à pleinement protéger le droit à la liberté de réunion et de rassemblement pacifique au niveau régional. Des conférences de la société civile visant à s’engager aux côtés de l’ASEAN sur des questions telles que les droits humains, le développement durable, l’environnement et le commerce équitable ont été interrompues en février et novembre 2012. En novembre, lors d’un sommet de l’ASEAN à Phnom Penh, les autorités locales ont fait pression sur les pensions afin qu’elles refusent d’héberger les représentants de la société civile, refusent les services hôteliers et coupent l’électricité. Un événement organisé par l’Assemblée populaire de l’ASEAN, auquel assistaient près de 1300 défenseurs des droits humains, fermiers, ouvriers et gens ordinaires, a dû être écourté lorsque l’électricité du lieu a été coupée intentionnellement.

URGENT CASES

Abdul Waheed
2013/05/21

Le 13 mai 2013, le défenseur des droits humains, philanthrope et militant social M. Abdul Waheed a été abattu devant son bébé, une petite fille, et son frère aîné. Il a été abattu par trois inconnus devant son officine dans le village de Qasba,...

Le blogueur Paulus Le Son fait parti de ceux qui ont fait appel
2013/05/17

Le procès en appel de Ho Duc Hoa, Thai Van Dung, Paulus Le Son, Nguyen Xuan Anh, Tran Minh Nhat, Nguyen Dinh Cuong, Ho Van Oanh et Nguyen Van Duyet s’ouvrira le 23 mai 2013. Les huit défenseurs ont été arrêtés entre août et décembre...

Somyot Prueksakasemsuk
2013/05/14

Le 8 mai 2013, l’avocat du défenseur des droits humains et rédacteur M. Somyot Prueksakasemsuk a déposé une demande devant la Cour suprême contestant la décision de la Cour d’appel qui avait rejeté sa précédente...

Liu Ping
2013/05/14

Le 7 mai 2013, la défenseuse des droits humains Mme Liu Ping a été «détenue pénalement » pour « incitation à la subversion contre le pouvoir de l’État » à Xinyu, dans la province de Jiangxi.

Manifestation organisée par des journalistes pour soutenir Lenin Kumar Ray
2013/05/10

Le 2 mai 2013 vers 17h, les défenseurs des droits humains et journalistes M. Amitabh Patra et M. Lenin Kumar Ray ont été libérés de la prison de Balangir en attendant leur procès. Ils avaient été arrêtés le 29 avril 2013 avec 14...